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"<span align=justify class=menu_typo_blanche>Naissance de Philippe Muray &agrave; Angers (Maine-et-Loire) en 1945. Deux ans plus tard, la famille s&rsquo;installe dans la r&eacute;gion parisienne. Son p&egrave;re, Jean Muray, est &eacute;crivain, mais apr&egrave;s trois romans, il renonce &agrave; la litt&eacute;rature pour devenir traducteur d&rsquo;auteurs anglo-saxons, &eacute;crivant parall&egrave;lement de nombreux livres pour la jeunesse (Hachette). Fils unique, Philippe re&ccedil;oit de cet &laquo;&nbsp;excellent p&egrave;re&nbsp;&raquo; et d&rsquo;une &laquo;&nbsp;excellente m&egrave;re&nbsp;&raquo; une solide &eacute;ducation litt&eacute;raire.</span>		<br><br>	<span align=justify class=menu_typo_blanche>&Eacute;tudes au lyc&eacute;e de Montmorency, seulement interrompues par une ann&eacute;e chez les p&egrave;res maristes &agrave; Bury. D&egrave;s son plus jeune &acirc;ge, Philippe Muray a contract&eacute; l&rsquo;amour de la litt&eacute;rature, mais aussi de la peinture, qu&rsquo;il pratique assid&ucirc;ment. Ses ma&icirc;tres en ce domaine sont par-dessus tout C&eacute;zanne et Van Gogh, mais &agrave; 18 ans il abandonne d&eacute;finitivement les pinceaux pour &eacute;crire. Sa compr&eacute;hension intime et profonde de la peinture appara&icirc;tra dans son lumineux ouvrage publi&eacute; en 1991, <em>La Gloire de Rubens</em> (Grasset). </span><br> <br>			<span align=justify class=menu_typo_blanche>Apr&egrave;s quelques mois pass&eacute;s &agrave; Sciences-Po &ndash; ses parents auraient souhait&eacute; pour lui une carri&egrave;re de diplomate&nbsp;&ndash; Philippe Muray entreprend des &eacute;tudes de lettres &agrave; la Sorbonne, qu&rsquo;il ach&egrave;ve par une th&egrave;se sur L&eacute;on Bloy. Il publie un premier roman en 1968 (<em>Une arri&egrave;re-saison</em>, Flammarion). Suivront en 1973 la publication de deux ouvrages aux &eacute;ditions Gallimard&nbsp;: un roman (<em>Chant</em> <em>pluriel</em>) et une pi&egrave;ce de th&eacute;&acirc;tre (<em>Au c&oelig;ur des hachloums</em>).</span>",
"<span align=justify class=menu_typo_blanche> Publications de textes dans de nombreuses revues dites d&rsquo;avant-garde, mais Philippe Muray rejette toute affiliation et d&eacute;fend farouchement sa voie singuli&egrave;re. Son go&ucirc;t de la libert&eacute; et sa passion du libre examen l&rsquo;&eacute;loigneront bient&ocirc;t du conformisme de ceux qu&rsquo;il nommera plus tard les &laquo;&nbsp;mutins de Panurge&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;rebelles de confort&nbsp;&raquo; et autres &laquo;&nbsp;artistocrates&nbsp;&raquo;. </span> <br><br>			<span align=justify class=menu_typo_blanche> Philippe Muray effectue sa v&eacute;ritable entr&eacute;e en litt&eacute;rature en 1981 avec la publication d&rsquo;un essai sur <em>C&eacute;line </em>(Le Seuil). Il enseigne durant quelques mois la litt&eacute;rature fran&ccedil;aise &agrave; l'universit&eacute; de Stanford, en Californie, en 1983, &agrave; l&rsquo;invitation de Ren&eacute; Girard. En 1984, Muray publie un magistral ouvrage, <em>Le XIXe si&egrave;cle &agrave; travers les &acirc;ges</em> (Deno&euml;l), o&ugrave; il d&eacute;crit avec verve et &eacute;rudition les noces d&eacute;sastreuses de l&rsquo;occultisme et du socialisme, du progressisme et des tables tournantes, d&eacute;voilant dans ce XIXe si&egrave;cle notre pr&eacute;sent, et surtout notre avenir. </span>		<br><br>	<span align=justify class=menu_typo_blanche> Avec <em>L&rsquo;Empire du Bien</em>, en 1991, Philippe Muray ouvre un nouveau volet de son &oelig;uvre, radicalisant sa guerre &agrave; mort &agrave; l&rsquo;&eacute;poque et au Moderne. Il s&rsquo;attache &agrave; d&eacute;voiler sans piti&eacute; toute la bouffonnerie irr&eacute;elle de la nouvelle vie quotidienne dans quatre tomes d&rsquo;<em>Exorcismes spirituels</em> (1997, 1998, 2002, 2005) et deux tomes d&rsquo;<em>Apr&egrave;s l&rsquo;Histoire</em> (1999, 2000), publi&eacute;s aux Belles Lettres avec la complicit&eacute; de son &eacute;diteur, Michel Desgranges. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;&eacute;difice est compl&eacute;t&eacute; en 2005 par des entretiens avec &Eacute;lisabeth L&eacute;vy, <em>Festivus festivus</em> (Fayard). </span>",
" <div align=justify class=menu_typo_blanche> &Agrave; travers tous ces essais, Muray analyse ce qu&rsquo;il nomme &laquo;&nbsp;la mutation anthropologique&nbsp;en cours&nbsp;&raquo;, d&rsquo;<em>Homo sapiens sapiens </em>&agrave; <em>Homo festivus</em>, puis &agrave; <em>Festivus festivus</em>. Se situant, comme il l&rsquo;a dit, &laquo;&nbsp;quelque part entre Hegel et Desproges&nbsp;&raquo;, il d&eacute;crit notre &eacute;poque comme celle de la &laquo;&nbsp;festivisation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e&nbsp;&raquo; et de l&rsquo;engloutissement de &laquo;&nbsp;l&rsquo;ancien monde historique&nbsp;&raquo; dans le trou noir de&nbsp;&laquo;&nbsp;l&rsquo;hyperfestif&nbsp;&raquo;. Avec un humour ravageur, il ass&egrave;ne l&rsquo;hypoth&egrave;se de la &laquo;&nbsp;fin de l&rsquo;Histoire&nbsp;&raquo;, d&eacute;crite comme un processus d&rsquo;indiff&eacute;renciation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e. Cette indiff&eacute;renciation, d&eacute;sir de fond de la &laquo;&nbsp;nouvelle humanit&eacute;&nbsp;&raquo;, se manifeste par l&rsquo;infantilisation, la f&eacute;minisation et la &laquo;&nbsp;r&eacute;animalisation&nbsp;&raquo; de l&rsquo;esp&egrave;ce et de la soci&eacute;t&eacute;. <em>Homo festivus</em>, affranchi du &laquo;&nbsp;p&eacute;ch&eacute; originel&nbsp;&raquo; comme de tout &laquo;&nbsp;principe de r&eacute;alit&eacute;&nbsp;&raquo;, d&eacute;sire le r&egrave;gne &laquo;&nbsp;onirique&nbsp;&raquo; et &eacute;ternel du Bien chantant sa propre louange. C&rsquo;est-&agrave;-dire la liquidation terminale du &laquo;&nbsp;n&eacute;gatif&nbsp;&raquo;, de la dimension sexu&eacute;e et tragique de l&rsquo;existence humaine. </span><br><br>    <span align=justify class=menu_typo_blanche> Outre cette cath&eacute;drale d&rsquo;essais bouffons et f&eacute;roces, Philippe Muray a b&acirc;ti un &eacute;difice romanesque dont les pr&eacute;misses sont pos&eacute;es en 1988 avec <em>Post&eacute;rit&eacute;</em> (Grasset), o&ugrave; la litt&eacute;rature est pens&eacute;e comme un non formel et brutal &agrave; toute id&eacute;e de procr&eacute;ation. &Agrave; partir de 1995, Muray entame sa participation d&eacute;terminante &agrave; une revue naissante, <em>L&rsquo;Atelier du roman</em>. L&rsquo;invocation des m&acirc;nes de Rabelais, Balzac, C&eacute;line et Marcel Aym&eacute; lui permet d&rsquo;accoucher &ndash;&nbsp;si l&rsquo;on ose dire&nbsp;&ndash; de son &oelig;uvre romanesque majeure, <em>On ferme</em> (1997). </span> <br><br>   <div align=justify class=menu_typo_blanche>En f&eacute;vrier 2006, Philippe Muray apprend qu&rsquo;il est atteint d&rsquo;un cancer du poumon. Il meurt le 2 mars 2006. Il est inhum&eacute; le 8 mars au cimeti&egrave;re du Montparnasse &agrave; Paris.</span> </div>" );

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